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Conan le sauvage
dimanche 27 septembre 2026, par
Leonard CARPENTER (1948-)
États-Unis, 1992
Fleuve noir, coll. « Conan » , 1995, 224 p.
De prime abord, Conan le sauvage, dernier roman de son auteur traduit en français (alors qu’il n’est que le septième d’une série de onze) débute par une succession de scènes déjà vues. Le Cimmérien est en train de jouer dans une auberge lorsqu’il se rend compte de la duplicité de ses adversaires. Réussissant à leur fausser compagnie non sans s’emparer au passage de leur butin, il tombe finalement dans les rets de la milice locale. Condamné à travailler dans une mine de métaux précieux, il parvient à s’en échapper en empruntant la rivière souterraine qui apporte la précieuse eaux aux forçats.
C’est à ce moment-là que le roman prend un tour plus intéressant. Ignorant où il se trouve, Conan, nu comme un ver, est contraint de revenir aux racines de sa vie, celles d’un barbare capable de survivre dans un environnement sauvage. Utilisation des ressources végétales, chasse d’animaux et lutte contre leurs prédateurs deviennent donc son quotidien, avant qu’il ne soit recueilli par une tribu locale. Sans surprise, il parviendra à séduire la femme chargée de ses soins, tout en appréciant ce retour aux sources – le mode de vie de ces autochtones se rapprochant de celui du néolithique.
Parallèlement, Leonard Carpenter tisse une autre intrigue, centrée sur Tamsin, une petite fille qui assiste, avec sa poupée Ninga, au massacre de sa famille par des mercenaires de Brythunie. Recueillie par un cousin de son père, elle est d’abord mutique et asociale, avant de développer des dons de guérisseuse. Sa renommée ne fait alors que croître, au point de l’ériger en concurrente du culte local, celui d’Amalias. Mais le plus troublant, c’est que Ninga semble douée de libre-arbitre, capable de déchaîner le malheur sur ceux qui déplaisent à Tamsin. On tient là une histoire indépendante fort bien menée, qui culmine dans l’insurrection sise dans la capitale elle-même, s’en prenant au grand prêtre et au roi Typhas en personne.
Ce n’est cependant qu’aux quatre-cinquième du roman que les deux intrigues vont finir par se croiser, et d’une manière peu concluante. Une expédition militaire est en effet envoyée récupérer des bijoux anciens là même où vit la tribu d’adoption de Conan. Le résultat en sera tragique, tout comme la dernière chasse contre un survivant de la préhistoire à laquelle prend part le Cimmérien. C’est donc un homme ivre de vengeance qui part en Brythunie, finissant par pénétrer dans le palais de la nouvelle souveraine. De climax, il n’y aura point, la confrontation avec l’étrange entité derrière Ninga faisant littéralement pschitt.
Conan, lui, reprendra sa route, non sans régler ses comptes avant cela avec le responsable de son départ initial pour les mines. De bonnes idées en partie inabouties, ainsi peut-on résumer Conan le sauvage, œuvre seulement moyenne de son auteur.
Wagoo