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Sherlock Holmes et Mister Hyde

dimanche 15 mars 2026, par Maestro

Johann MONFRET

France, 2025

Black Coat Press, coll. « Rivière blanche », série Noire, 340 p.

Sherlock Holmes n’en finit pas d’être confronté à de nouvelles aventures et à des problématiques relevant des sphères de l’imaginaire. On a ainsi pu apprécier certaines de ses apparitions dans Les Compagnons de l’ombre, ou ses confrontations successives avec le mythe de Cthulhu dans la tétralogie de James Lovegrove. Johann Monfret, pour sa part, propose quatre enquêtes inédites du plus célèbre des détectives, narrées comme il se doit par le fidèle Watson.

Dans « Sherlock Holmes et le club des surdoués », il charge le bon docteur d’intégrer un club réservé aux détenteurs d’un QI exceptionnel… mais à leur grande surprise à tous deux, ni Watson ni même Holmes ne parviennent à passer les épreuves nécessaires ! Ils vont découvrir qu’en réalité, ce club prétendument élitiste est un moyen de détrousser de naïfs bourgeois. Derrière les organisateurs de cette arnaque élaborée, on trouve la figure de Moriarty. « Sherlock Holmes et la jekylloïte de Mister Hyde » confronte les créations de Conan Doyle et de Stevenson. Mais aussi surprenant cela puisse-t-il paraître, les principaux personnages de cette nouvelle sont… deux chiens ! Un Saint-Bernard et un Saint-Hubert, ce dernier ayant d’ailleurs été un des protagonistes du « Signe des Quatre » qui parlera aux holmesiens confirmés. Lestrade, une fois encore, fait appel aux services du détective, afin qu’il retrouve le docteur Jekyll porté disparu. Pour ce faire, Holmes va mener des expérimentations sur la mystérieuse jekylloïte, laissant à penser à Watson qu’il est devenu le cobaye de ses propres expériences.

Cette seconde enquête confirme et amplifie le parti-pris de Johann Monfret : privilégier le versant rationnel du grand détective, à rebours donc de Lovegrove, mais en y apportant une bonne dose d’humour pince-sans-rire et en dressant un portrait sans concession de Holmes. « Orgueil démesuré, intolérance, addictions de toutes sortes, hygiène de vie déplorable, violon à minuit, tir au mousquet à midi, dissection à l’heure du thé, élevage de rats, collection de boues, de cendres de tabacs, et la liste est encore longue. » (p. 152). Dans « Sherlock Holmes et l’homme invisible », c’est à l’univers de Wells que le duo est exposé, Griffin en personne – qui n’est donc pas mort, ainsi que le montrait Wells dans sa fiction – venant solliciter les services du détective afin qu’il remette la main sur ses carnets. L’enquête qui s’ensuit réserve bien des surprises, entre un chat invisible, une mise en abyme touchant aux récits publiés par Watson et la véritable nature d’un autre personnage du roman L’Homme invisible, en la personne du Docteur Kemp.

Mais le dernier récit de Sherlock Holmes et Mister Hyde est sans doute le plus original et le plus marquant. Dans « Sherlock Holmes chez les fous », c’est Arthur Conan Doyle en personne qui est le narrateur. En panne d’inspiration, il est invité par un confrère aliéniste à rencontrer un de ses patients : un individu se prenant pour Sherlock Holmes ! Lorsque l’écrivain constate que son manuscrit en cours lui a été dérobé, il ne trouve rien de mieux que de solliciter le pseudo Holmes, sur le point de subir une trépanation. Mais l’enquête qui débute va aller loin, beaucoup plus loin que prévu, au point de concerner Madame Hudson, la bienveillante logeuse de Holmes / Doyle, en personne. On y croisera également la sœur de l’inspecteur Lestrade et une célébrité à nulle autre pareille… Un délice pour les amateurs !


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