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Conan l’invincible

dimanche 28 décembre 2025, par Maestro

Robert JORDAN (1948-2007)

États-Unis, 1982, Conan the Invincible

Fleuve noir, coll. « Conan », 1993, 224 p.

Conan l’invincible est le tout premier roman de Conan écrit par Robert Jordan, qui en signera tout de même sept, dont la novellisation du film Conan le destructeur, de sinistre mémoire. Juste avant Conan le défenseur, déjà chroniqué (et dans lequel on retrouvait Hordo, compagnon d’armes rencontré justement dans ce premier roman), Conan l’invincible nous permet de découvrir le Cimmérien à Shadizar, à l’apogée de sa carrière de voleur – les événements de «  La tour de l’éléphant » y sont d’ailleurs évoqués.

Le barbare voit néanmoins toujours l’or lui glisser des doigts, tant il a facilité à le dépenser en femmes et en bonne chère. Il est donc fortement intéressé par l’offre d’un marchand, qui lui promet 10 000 pièces d’or en échange du cadeau royal offert par Yildiz de Turan à Tirantes, le souverain éthylique de Shadizar : rien moins qu’un coffret ouvragé, cinq danseuses et cinq pendentifs. Ce sont ces cinq bijoux qui intéressent le marchand, qui est en réalité Imhep-Aton, un sorcier stygien qui rend compte à Thot-Amon de sa mission : mettre la main sur ces cinq artéfacts afin de vaincre le nécromancien Amanar, traître à la confrérie des sorciers sectateurs de Set et servi par des descendants du peuple serpent. On a pu le découvrir en ouverture du roman, utilisant une divinité ophidienne rivale de Set. Mais le plan initial de Conan pour subtiliser les pendentifs – et une des danseuses sur qui il est tombé lors de sa première incursion dans le palais – tombe à l’eau lorsqu’il apprend que d’autres que lui, dissimulés sous l’apparence de pèlerins, ont tout dérobé ! Partant à leur poursuite, vers les montagnes Kezankian, il se heurte à Faucon rouge et à sa bande de voleurs réputés. Mais pour ajouter encore au piment de la chose, Robert Jordan a ajouté des montagnards prêts également à en découdre, ainsi qu’un détachement militaire de Shadizar, désireux de récupérer les biens dérobés à la couronne. Tout ce beau monde va se retrouver dans la forteresse noire d’Amanar, où se jouera le climax du roman.

Conan l’invincible ne manque pas d’attraits. Très rythmé, bien écrit, avec ses descriptions efficaces et ses personnages convaincants (mention spéciale à Faucon rouge, une de ces femmes fortes capables de tenir tête au Cimmérien… tout en succombant à ses charmes !), il parvient à emporter le lecteur d’autant que le Conan qui en est au centre se révèle plutôt fidèle à l’esprit d’Howard, encore à l’aube de ses vingt ans, peinant à bien comprendre les femmes, et maniant l’épée plus souvent qu’à son tour, sans pour autant être le barbare au front bas qu’on imagine souvent. On sent déjà en lui des qualités d’orateur qu’il ne fera que confirmer à l’avenir, et toujours cette méfiance à l’égard de la sorcellerie. Mention spéciale à l’épilogue du roman, où Conan tient ses promesses à l’égard de la principale femme de l’intrigue… en refusant de la sortir de l’esclavage où elle s’est retrouvée ! Un choix osé et tellement ironique.