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Capitaine Futur
Le Défi
dimanche 7 décembre 2025, par
Edmond HAMILTON (1904-1977)
États-Unis, 1940
Le Bélial’, coll. « Pulps », 2018, 216 p., traduction de Pierre-Paul Durastanti.
Troisième aventure du Capitaine Futur, publiée en 1940 à l’instar des deux précédentes, Le défi débute sur les chapeaux de roue par une attaque organisée contre la base lunaire du super-héros de la Terre lui-même : la Némésis de Curt Newton s’appelle cette fois le Destructeur. Et son projet est redoutable. Il s’en prend en effet aux différentes mines de gravium réparties sur toutes les planètes du système solaire. Le gravium est un métal inventé par Edmond Hamilton et qui, dans sa confédération à venir, permet le fonctionnement des égaliseurs de gravité, l’unique moyen pour les humains de vivre sur des planètes ne disposant pas de la même gravité que la Terre. C’est toute la stabilité et les échanges de la civilisation interplanétaire qui sont alors menacés.
On sent toutefois dans le déroulement de l’intrigue une certaine redondance comparativement aux épisodes antérieurs. Le Capitaine Futur convoque en effet les différents entrepreneurs de gravium, soupçonnant que l’un d’entre eux est le Destructeur, de la même manière qu’il réfléchissait à l’identité réelle du Docteur Zarro dans À la rescousse. Autre similitude, le fait que le méchant de l’histoire se soit associé, dans ses menées machiavéliques, à un peuple extra-terrestre inconnu. Une scène retient cependant l’attention, car il est fort probable qu’elle a inspiré Georges Lucas pour son scénario du Retour du Jedi : alors que le Comète est attaqué par deux vaisseaux de la flotte du Destructeur, Grag est abandonné dans la ceinture d’astéroïdes. Il échoue finalement sur un planétoïde, peuplé de primitifs (le terme utilisé renvoie à l’esprit colonial qui sous-tend la série), qui le prennent pour un dieu, lui le robot, et l’adorent en chantant. Comment ne pas songer à la rencontre entre C3PO et les Ewoks ? Comme dans la saga de Georges Lucas, également, chaque planète est caractérisée par une description globale et élémentaire, de Pluton la glacée à Saturne aux grandes plaines, en passant par Neptune l’aquatique, cadre clef de ce troisième roman.
Là où Edmond Hamilton déploie davantage d’originalité, c’est lorsque Curtis Newton, ayant pris l’identité d’un agent du Destructeur, se retrouve démasqué et contraint d’échanger son corps contre celui d’un homme poisson (le procédé d’échange des esprits est un des atouts majeurs du Destructeur), amenant les Futuristes dans une situation à la fois inédite et déstabilisante. A cet égard, on notera que l’auteur, adepte du progrès par la science, se fait également matérialiste, estimant que l’esprit n’est qu’« (…) un réseau immatériel de courants électriques ! » (p. 121). Autre invention intéressante d’Hamilton, le jeu d’échecs à composés, qui se joue sur un plateau de mille cases (sic) en reconstituant des formules chimiques.
Wagoo