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À la rescousse
dimanche 2 novembre 2025, par
Edmond HAMILTON (1904-1977)
États-Unis, 1940
Le Bélial’, coll. « Pulps », 2017, 240 p., traduction de Pierre-Paul Durastanti.
Après un premier tome de présentation, L’Empereur de l’espace, À la rescousse poursuit les aventures à l’esprit juvénile de Curtis Newton, le Capitaine Futur – et on dépasse dans ce constat la simple référence au Capitaine Flam de l’enfance. L’intrigue de ce second roman possède cependant une résonance particulière, d’une grande proximité avec l’état actuel de nos sociétés numériques. Le super-vilain dont il est ici question, le docteur Zarro, instille en effet le doute au sein de la population du système solaire quant à la confiance à accorder aux scientifiques. Il affirme ainsi qu’un astre noir, en provenance du Sagittaire, est destiné à semer le chaos et la destruction dans notre système stellaire. Pour y faire face, la seule solution serait de lui accorder les pleins pouvoirs afin que lui et sa Légion de l’apocalypse puissent résoudre la crise. Comme pour mieux appuyer cette fragilité de l’appréhension totalement rationnelle de la part de ces citoyens du futur, le Capitaine Futur lui-même est surnomme le « sorcier de la science »…
L’enquête que mènent Curtis et les Futuristes, ses fidèles amis et protecteurs, Otho, Grag et Simon Wright alias le Cerveau, suit un rythme soutenu, sans aucune longueur ni temps mort. La variété des lieux participe aussi de cette volonté d’Edmond Hamilton de ne jamais susciter l’ennui de son lecteur. Dans cet avenir spatial, toutes les planètes de notre système sont en effet colonisées, de Mercure à Pluton, et les espèces extra-terrestres qui existent sur chaque astre sont toutes humanoïdes, avec diverses variantes. Comme dans les – futurs – films de James Bond, Newton se retrouve régulièrement aux mains de ses ennemis, mais lors de la première tentative, parvient, tel un MacGyver du passé, à s’extraire des geôles de l’ennemi en usant de sa chevalière atomique. Il retrouve également la belle Joan, rencontrée dans L’empereur de l’espace, et envers laquelle il ne semble pas indifférent. Mais si les éditeurs insistent pour dire qu’elle n’est pas qu’un simple faire-valoir du héros, on notera tout de même que lorsque le Capitaine Futur vient la délivrer dans l’astronef de la Légion, elle ne trouve rien de mieux à faire que pousser une exclamation de surprise bien sonore, alertant du même coup les ravisseurs ! C’est d’autant plus ironique que Joan est une des meilleures agentes des services secrets terriens ! Pire encore, elle réussira à se faire capturer une nouvelle fois par le Docteur Zarro et ses séides…
Parmi les meilleurs moments de ce second roman, on trouve ce pendant à la navigation maritime de notre bonne vieille planète (qualifiée de verte sous la plume d’Edmond Hamilton, les clichés de la Terre vue de l’espace n’existant pas encore) que sont les Sargasses spatiales. Curtis Newton s’y retrouve échoué lors de sa fuite, le cimetière de vaisseaux présent lui offrant la découverte du navire d’un des premiers explorateurs spatiaux humains ainsi que celle d’un astronef d’origine inconnue, abritant des poulpes se nourrissant de sang (un clin d’œil aux Martiens de La Guerre des mondes, peut-être). Le climax du roman se déroule sur Pluton et ses satellites, le plus étonnant étant qu’Hamilton lui a imaginé trois lunes, Cerbère, Styx… et Charon, qui ne fut découverte et baptisée ainsi qu’en 1978 ! Passé près de l’échec total, le Capitaine Futur parvient finalement à vaincre son adversaire, véritable maître de l’illusion, et à intégrer une nouvelle espèce extra-terrestre à la communauté dirigée par les Terriens.
Wagoo