Accueil > TGBSF > S- > Les Sorciers de l’Ouest

Les Sorciers de l’Ouest

dimanche 30 mars 2025, par Maestro

Boris (1990-2015) & François DARNAUDET (1959-)

France, 2023

Black Coat Press, coll. « Rivière blanche », série Noire, 300 p.

Boris et François Darnaudet sont un duo d’auteurs qui transcende la tragédie ayant frappé le fils, « 25 ans pour toujours », comme l’écrit avec émotion le père ; on se souvient en particulier des Chroniques cruelles d’hier et de demain. Les Sorciers de l’ouest est un fix-up tout entier dédié au weird western. L’une des nouvelles qui le composent, « La nuit du rail  » - renommée ici « La nuit du train » -, avait d’ailleurs précédemment été publiée dans l’anthologie de Manuel Essard Dimension Western, parue chez le même éditeur. On regrettera au passage l’absence d’un sommaire en bonne et due forme, qui permette de se repérer dans les quinze récits proposés.

« Custer et les vampires » (publié d’abord dans Ténèbres 2018) permet d’introduire l’un des personnages centraux du recueil, le chamane amérindien Chactun, à la longévité allongée (il était déjà sorcier sous les Mayas) et à l’alcoolisme prononcé. Au cœur de la guerre de sécession, celui-ci use de sa sorcellerie pour transformer certains soldats confédérés en métamorphes, large galerie de créatures garous, qui s’opposent, en prélude à la bataille de la Wilderness, à une troupe de vampires menée par un certain Malvi. Plus rapide, « La nuit de la trahison » voit Chactun et un de ses anciens camarades sudistes prendre part à une expédition archéologique déviée vers des tertres amérindiens.

Vient ensuite « La nuit du train », précédemment citée. Un texte majeur, d’abord parce qu’il introduit deux autres personnages récurrents, le moine de Shaolin maître Li, et le mercenaire irlandais Tim O’Neill ; ensuite parce qu’il s’agit d’un concentré d’action que l’on rêverait de voir transposé à l’écran. Un chantier de chemin de fer, ayant croisé la route d’une momie ancienne, se voit transformé du fait de sa malédiction : Li, Tim mais aussi Chactun et d’autres personnages (dont un hommage au Django Unchained de Tarantino) doivent ainsi affronter, dans un déluge de tirs et de sang, une foultitude d’individus possédés. Désormais liés, Chactun, Li et Tim vont voyager à travers les États-Unis en suivant l’appel de l’aventure, s’installant pour un temps à La Nouvelle-Orléans.

Dans « La nuit du Très Ancien », ils traversent le sépulcre d’un sorcier local dont l’existence plonge dans les abimes du temps. Dans « La nuit du bayou » (découverte dans les Chroniques cruelles d’hier et de demain), ils enquêtent sur la disparition d’une jeune fille bien née en se heurtant à des populations cajuns proches des dégénérés chers à Lovecraft et, plus original, à des frères siamois aux apparences très steampunk. «  La nuit de la femme » voit Tim manquer de succomber aux avances sanglantes d’une serveuse, tandis que « La nuit du cavalier sans tête » est une variation sur cette légende popularisée en son temps par Tim Burton dans Sleepy Hollow. «  La nuit du chamane  » marque l’entrée en scène d’un autre antagoniste d’importance, le Baron mêlé (clin d’œil au Baron Samedi du Vaudou), déterminé à tuer Malvi et Chactun.

« La nuit du cirque  » est un autre moment fort des Sorciers de l’ouest, et si l’on pense à Barnum, le spectacle de Satanax est plutôt celui de freaks, l’occasion, au-delà d’affrontements une nouvelle fois bien sentis, de découvrir une conspiration mêlant un clown bondissant, le Baron mêlé et le Très Ancien précédemment croisé. « La nuit des dinosaures » (présent dans Dimension étranges détectives) voient certains de ces bad guys mener un attentat contre le président Johnson, que notre improbable trio tente d’enrayer. «  La nuit de Washita » et « On l’appelle Chactun  ! » constituent le dénouement de cette intrigue, avant que quelques textes supplémentaires ne viennent éclairer les origines de Malvi et Chactun d’un côté (« La nuit des origines », publié également dans Nos plus beaux effets gore sous le titre « Tortures iroquoises ») et celle du moine Li de l’autre (« La nuit du Tao »). Riche en références diverses, dont les moindres ne sont pas celles à la série télévisée Les Mystères de l’ouest, voilà un recueil trépidant qui fait plaisir à lire.


Pour commander Les Sorciers de l’Ouest suivez le lien vers les éditions Black Coat Press !