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Requiem en catastrophe majeure

dimanche 15 décembre 2024, par Maestro

Olivier GECHTER (1972-)

France, 2022

Mnémos, 320 p.

En parallèle de son héros relevant du roman feuilleton et du merveilleux scientifique (Le Baron noir), Olivier Gechter s’était fait remarquer avec un autre de ses personnages, Évariste Cosson, enquêteur de l’occulte officiant dans un monde contemporain du nôtre, à peu de chose près, mais partiellement uchronique. On se souvient du roman éponyme, sorti en 2013 (et republié en 2015), et une suite était logiquement très attendue par les amateurs.

Le roman démarre d’ailleurs sur les chapeaux de roue, Évariste participant avec son ami, sorcier chimbu originaire de Nouvelle-Guinée, à un casse à l’Université de Jussieu au cours duquel il se heurte à un vieux ninja ! Il faut dire que l’enquêteur, inquiet pour sa start-up dont il est le seul salarié, se retrouve à devoir mener à bien plusieurs affaires. Les principales ? Le fantôme d’un créateur décédé hantant les murs de l’Opéra Bastille (manifestation de l’archétype du célèbre personnage de Gaston Leroux), et celui de Jimi Hendrix dont on ne trouve pas la trace. Le légendaire guitariste a en effet poursuivi sa carrière au-delà de la mort qu’il a connu dans notre continuum, et sa récente disparition attise les intérêts financiers des uns et des autres autour d’un concert d’adieu toujours programmé. Le meurtre de sa manageure, qui avait embauché Évariste, fait basculer ses investigations dans un registre plus dramatique. D’autant que le pauvre détective doit également gérer une relation sentimentale compliquée avec Nadine, la voyante.
Requiem en catastrophe majeure est un roman littéralement irrésistible. Le ton y est constamment humoristique, avec de belles trouvailles, que ce soit dans les personnages, les situations, les descriptions ou les dialogues.

« Il doit avoir compris depuis longtemps que le cuisinier est un ancien tueur en série reconverti dans la restauration d’entreprise. », (p. 178)

Un côté également très terre à terre, qui ancre dans le réel cette magie omniprésente (après tout, un bon sortilège permet même de se sortir d’une discussion téléphonique aux prises avec une administration quelconque !). Olivier Gechter a trouvé là un ton précieux, qui n’est pas sans évoquer le Lasser, détective des dieux de Philippe Ward et Sylvie Miller, et plus encore les aventures de Temple Sacré de l’Aube Radieuse, le héros des Futurs mystères de Paris signés Roland C. Wagner. À ceci près que l’Abîme, infra monde accessible seulement aux morts et aux vivants pourvus du don, remplace l’univers informatique.

Haïkus venant d’une boucle temporelle, grand sorcier en forme de trombone Microsoft, duel de musiciens au sommet de leur art, rien ne vous sera épargné ! Ne boudez pas votre plaisir, d’autant qu’il n’est absolument pas indispensable d’avoir lu le précédent tome pour se délecter de celui-ci.