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Hawkins Horrors. Nouvelles terrifiantes
dimanche 9 octobre 2022, par
Matthew J. GILBERT
Etats-Unis, 2022
Hachette, 2022, 256 p., traduction de Alice Delarbre.
L’ampleur du succès rencontré par la série Stranger Things de Netflix a forcément initié la création de divers produits dérivés, livres à destination de la jeunesse ou des jeunes adultes, bandes dessinées, et même une édition de Donjons & Dragons dédiée ! Nous avions pour notre part testé Darkness On The Edge Of Town, qui n’était malheureusement pas à la hauteur des attentes qu’on pouvait placer dans son sujet.
Contrairement à ce roman, placé forcément à la marge de la série puisque mettant quasi exclusivement en scène le shérif Hopper, Hawkins Horrors permet de retrouver toute la bande des jeunes d’Hawkins. Le récit introductif, « 23:58 », sert de liant pour l’ensemble des textes du recueil, et le conclusif « Dans le noir » lui répond. Dynamique, il prend place alors que la petite ville d’Hawkins est victime d’une coupure générale d’électricité. Cela modifie les plans de nos amis, qui avaient initialement prévu de regarder un film d’horreur au vidéo club où travaillent Steve et Robin. Chacun d’entre eux va alors raconter une histoire afin de faire flipper les autres.
C’est Nancy qui ouvre le bal avec « Une petite voix », récit d’une affaire de meurtre ayant marqué l’asile de Pennhurst en 1969. Disons le tout de go, il n’y a rien d’effrayant dans cette histoire qui souffre de surcroît d’un manque criant de crédibilité (le prisonnier réfugié à l’intérieur du mur, sans le moindre argument fantastique !). Dustin embraye ensuite sur « La malédiction du dé à vingt faces », une histoire qui parlera forcément aux rôlistes, mais souffre également d’un manque d’originalité (le dé maudit, l’invasion du réel par la fiction rôliste…), qui s’avère sans doute plus gênant pour les vétérans que pour les jeunes lecteurs. « Le lac des Amoureux » est conté par Steve puis Robin, avec là encore un sentiment de déjà entendu, sans parler de personnages, employés de l’asile de Pennhurst, à la psychologie aussi fine que le QI d’un golem.
Quant à « L’appel du frisson », évoqué par Max, il travaille l’attrait si marqué aux Etats-Unis pour la wicca, à travers une histoire de jeunes filles qui demeure très superficielle ; on notera le lien ténu avec le fameux laboratoire d’Hawkins. « Repas en double », raconté par Lucas, est légèrement plus troublant, mais une fois encore traité bien trop expéditivement. Deux nouvelles sortent toutefois du lot, évitant la tentation de classer le recueil parmi les ouvrages totalement dispensables. « L’Exterminateur », narré par Erica, vaut surtout par son beau-père, exterminateur d’insectes, et les interrogations à son égard nourries par son beau-fils handicapé moteur. On se rapproche un peu de Stephen King (un peu, attention !).
Mais la vraie réussite, on la trouve dans « Parler », évoqué par Mike. Une histoire profondément touchante, basée sur le traumatisme survenu dans une famille ordinaire (la mort par maladie de la petite sœur), et que le frère essaye de conjurer grâce à la peluche parlante de la défunte. C’est à mon sens la seule nouvelle qui suscite le frisson, car pour le reste, Hawkins Horrors me paraît sans commune mesure avec les romans publiés jadis dans la Bibliothèque verte sous la signature d’Alfred Hitchcock…
Wagoo