Accueil > TGBSF > N- > Les navigateurs de Dune (Dune, les origines, 3)
Les navigateurs de Dune (Dune, les origines, 3)
dimanche 13 février 2022, par
Brian HERBERT (1947-) & Kevin J. ANDERSON (1962-)
Etats-Unis, 2016
Pocket, coll. « Science-fiction / Fantasy » , 2021, 720 p., traduction de Fabien Le Roy.
Ce troisième et dernier volet de la trilogie du duo Herbert & Anderson faisant suite à celle de la Genèse de Dune sort directement en poche, là où les deux précédents avaient bénéficié d’une parution en grand format dans la collection « Ailleurs et Demain », désormais en état de mort cérébrale. On y retrouve les protagonistes des Mentats de Dune, dans une situation tendue à l’extrême.
Josef Venport est a priori en situation de force : il dispose d’une armada de cymeks en extension constante ; de l’aide d’un Erasme sur le point d’être doté d’un nouveau corps, totalement biologique, cette fois ; d’une flotte de vaisseaux bénéficiant de l’assistance décisive des Navigateurs métamorphosés par l’épice ; sans compter une réserve du précieux mélange sans égale, mise à l’abri sur Arrakis grâce à l’aide d’un clan de Freemen. Face à lui, l’empereur Roderick Corrino est à la peine, tout comme Manford Torondo et ses hordes de Butlériens fanatisés mais défaillantes technologiquement. Parallèlement, les Atréides, Vorian et son neveu Willem, sont à la recherche de Tula Harkonnen, la meurtrière du frère de Willem, poursuite d’une vendetta appelée à une longue pérennité. C’est d’ailleurs d’une Harkonnen, Valya, devenue Mère Supérieure de la Communauté des Sœurs, que va venir l’élément décisif susceptible de faire pencher la balance. Non contente de perfectionner la technique de la Voix, elle déploie également tous ses efforts afin que les Sœurs deviennent des combattantes hors-pairs. Grâce à l’une d’elles, sa Diseuse de vérité personnelle, l’empereur parvient à marquer un coup décisif, au point de dissocier Norma Cenva, l’arrière-grand-mère de Josef Venport, de son descendant et de ses objectifs de plus en plus démesurés. On commence alors à distinguer les prémisses de ce qui va devenir la Guilde.
Toutefois, les deux auteurs, pour narrer l’ensemble de ces trames mêlées, ont plus que jamais tendance à tirer à la ligne, à étirer le propos, en incorporant nombre de redites et de rappels inutiles aux lecteurs fidèles, à ramener parfois un peu artificiellement l’intrigue vers Arrakis également. Il faut attendre les dernières centaines de pages pour se retrouver happé dans un véritable maelstrom d’action, de rebondissement et de batailles épiques. Bien des personnages vont alors signer leur révérence, sous une forme ou une autre, et un nouvel équilibre émerger. Si le sort réservé à l’hubris de Venport demeure relativement classique, la relation entre Anna Corrino et Erasme est assurément un des éléments les plus intéressants du roman.
Wagoo